Focus de la semaine - Editorial Team

«La Suisse assume ses responsabilités»

La Suisse brille en matière de prospérité. Mais que coûte notre consommation à l’environnement ? Réponses du Secrétariat d’État à l’économie (SECO).

Marie-Gabrielle Ineichen-Fleisch, directrice du Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) Photo : PD

27 juillet 2022

Le 13 mai 2022 a eu lieu le Swiss Overshoot Day. Cela signifie que si toutes les personnes dans le monde vivaient comme nous, les Suisses, nous aurions besoin des ressources de 2,8 terres. Mesurés en termes d’émissions totales de CO2, nous n’en provoquons pas autant en comparaison internationale, mais nous externalisons également une grande partie de celui-ci. L’importation nécessite trois fois plus d’émissions de CO2 que ce que nous produisons.

Avec 14 tonnes, nous avons une production par habitant supérieure à la moyenne. Selon My Climate , cela nous positionne à la 16e place parmi les plus grands consommateurs. Si tous les peuples vivaient selon le niveau de vie des Suisses, le changement climatique serait encore plus rapide.

Comment parvenons-nous à ne pas abuser des ressources?

Bien que le développement durable devienne une valeur de plus en plus importante dans ce pays, la prospérité et le bien-être ne devraient pas être compromis. Nous aimons nous identifier comme le champion du monde du recyclage, mais oublions que nous produisons également des déchets records. Bien sûr, les traces de pollution ou de changement climatique sont à peine visibles ici. N’est-ce donc pas une grave erreur de simplement regarder le comportement des consommateurs nationaux ?

Marie-Gabrielle Ineichen-Fleisch, directrice du Secrétariat d’État à l’économie (SECO), répond à cette question : « Cette discussion a lieu de manière récurrente. C’est pourquoi nous nous engageons à internaliser les coûts externes et à renforcer les activités d’innovation », explique Ineichen-Fleisch. « D’une part, les causes de la surexploitation actuelle des ressources naturelles sont dues aux imperfections du marché, car les services écosystémiques n’ont souvent pas de prix et ont donc tendance à être surexploités. D’autre part, il existe des lacunes institutionnelles dans la mesure où il y a un manque de gouvernance environnementale mondiale efficace. »

Les 17 objectifs de développement durable fournissent un cadre pour atteindre les objectifs liés au climat. Qu’est-ce que les activités du SECO apporte à la création de l’Agenda 2030? Le Secrétariat d’État à l’économie répond: « Le SECO est directement impliqué dans la mise en œuvre de presque tous les ODD, tant au niveau national qu’international. Dans ce contexte, la Suisse assume ses responsabilités. » Voici quelques exemples du Secrétariat d’État à l’économie:

  • ODD 8 (croissance économique durable) :
    « La Stratégie de la politique économique extérieure 2021 poursuit l’objectif de prospérité et de croissance économique durable en Suisse et dans ses pays partenaires. Elle a un effet particulièrement efficace lorsqu’un vote international a lieu. »

  • ODD 9 (Conditions de travail) :
    « Le SECO aide les entrepreneurs à créer des conditions de travail inclusives et durables, par le biais, p. ex.,des programmes « Sustaining Competitive and Responsible Enterprises » (SCORE) et Better Work en coopération avec l’Organisation internationale du travail (OIT). »

  • ODD 12 (Renforcement de la responsabilité des entreprises) :
    « Les mesures des plans d’action sur la responsabilité sociale des entreprises (RSE) et les droits de l’homme (PAN) contribuent à garantir que les entreprises suisses produisent de manière durable dans les chaînes de valeur globales. »

  • ODD 13 (Changement climatique) :
    « Les ressources financières de la coopération internationale (IZA) dans le domaine du climat passeront de CHF 300 millions par an (2017-2020) à environ CHF 400 millions par an d’ici fin 2024. Cela correspond à environ 15% des fonds IZA. Celles-ci sont utilisées conjointement par le SECO et la DDC pour freiner le changement climatique dans les pays partenaires ou pour aider les pays à s’adapter à ses conséquences. »

Concrètement : que peut faire chaque individu dans ce pays ?

Ineichen-Fleisch explique : « L’Agenda 2030 est très large, de sorte que chaque individu peut effectivement contribuer à la réalisation des objectifs. Et puisque nous jouons tous des rôles différents dans la société, les points de départ sont multiples : en tant que consommateurs, nous pouvons contribuer aux décisions de consommation quotidienne dans les domaines de la nutrition/l’alimentation, du climat, du tourisme et de la biodiversité. Mais nous pouvons aussi contribuer au niveau de la consommation d’énergie en tant qu’employés ou employeurs ainsi qu’en tant que locataires ou propriétaires. »

L’objectif de parvenir à une gestion durable et à une utilisation efficace des ressources naturelles d’ici 2030 est ambitieux. Cependant, en développant de nouveaux produits durables et en mettant en œuvre des processus plus économes en énergie et en ressources, nous nous rapprochons de notre objectif. « Tous les contribuables apportent une contribution importante à cet égard », ajoute Ineichen-Fleisch. Et si l’on concrétisait une idée folle avec tous les millionnaires suisses : des incitations sous forme de taxes environnementales ? À suivre ...

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