Commençons par la mauvaise nouvelle: le secteur agroalimentaire reste l’un des principaux responsables de la pollution environnementale. Et ce, bien que les émissions de gaz à effet de serre de ce secteur aient pu être réduites au cours des 20 dernières années. Sylvain Jaccard est responsable des affaires publiques chez Lidl Suisse. C'est par cette remarque qu'il a ouvert en mars, à Sévaz près de Fribourg, le premier dialogue avec les parties prenantes organisé par Lidl Suisse en Suisse romande, auquel ont participé des représentants de renom issus des milieux politiques, économiques et scientifiques.
Les discussions ont porté principalement sur le thème de la durabilité dans le secteur agroalimentaire. Mais la citation, qui s’appuie sur les derniers chiffres de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), ne s’arrête pas là: « Il existe un potentiel d’amélioration », déclare M. Jaccard. Et c’est précisément la raison pour laquelle Lidl Suisse a invité des représentants de différents domaines et secteurs de Suisse romande à un échange et à un dialogue. Et c’est précisément cela qui fait également partie de la bonne nouvelle.
En effet, en tant que membre du groupe Schwarz, quatrième groupe mondial de la grande distribution, présent dans 32 pays avec 12 000 magasins et plus de 570 000 collaborateurs, cette entreprise non cotée en bourse porte une grande responsabilité écologique et sociale. C’est ainsi que cet après-midi, Lidl Suisse pose et répond à la question: « Où en sommes-nous en matière de durabilité et de régionalité? »
En matière de responsabilité d’entreprise, Lidl Suisse se concentre sur cinq axes stratégiques: protéger le climat, respecter la biodiversité, préserver les ressources, agir de manière équitable et promouvoir la santé. Alors que des mesures telles que la protection du climat et la préservation des ressources contribuent directement au bilan écologique, les aspects sociaux et la promotion de la santé complètent le tableau d’une gestion d’entreprise responsable. Lors des échanges récents en Suisse romande, Lidl Suisse s’est concentré sur quatre leviers centraux qui renforcent à la fois la durabilité écologique et la viabilité future de l’agriculture suisse: les produits locaux, les circuits courts, la réduction du gaspillage alimentaire et l’adhésion active à l’initiative intersectorielle AgroImpact.
Producteurs locaux, circuits courts, réduction du gaspillage alimentaire
Privilégier les produits régionaux permet de réduire les émissions grâce à des circuits courts, en particulier pour une entreprise active à l’échelle mondiale. C’est l’une des raisons pour lesquelles Lidl Suisse mise sur les producteurs locaux: « Depuis plus de 17 ans, nous sommes solidement implantés ici en Suisse et encourageons la production locale », explique Grazia Grassi, responsable des affaires générales chez Lidl Suisse. La preuve: les ventes de produits suisses représentent plus de 50 % de l’assortiment total de Lidl, et environ 400 fournisseurs suisses approvisionnent le distributeur alimentaire en produits. 60 producteurs sont présents depuis le début et veillent ainsi à ce que les clients puissent profiter d’un large choix de produits locaux de qualité à des prix raisonnables.
La marque «Qualité Suisse», en constante expansion, y contribue également. Les produits suisses sont ainsi immédiatement reconnaissables; aujourd’hui, la marque compte déjà plus de 400 produits. Et ce nombre ne cesse d’augmenter: «Nous ne nous limitons pas aux grands fournisseurs. Les petits producteurs ont eux aussi la possibilité, grâce au label «petit mais raffiné», de vendre leurs produits dans les magasins Lidl», a déclaré Mme Grassi lors de l’événement.
Lidl Suisse se montre très strict envers lui-même en interne en matière d’optimisation des émissions de CO₂ liées au transport: « Lidl Suisse s’est fixé pour objectif d’approvisionner ses magasins sans recourir aux énergies fossiles d’ici 2030. De plus, le transport aérien de produits frais tels que les fruits, les légumes, les herbes aromatiques, la viande et le poisson est interdit », précise M. Grassi.
Lidl Suisse est également actif dans la lutte contre le gaspillage alimentaire: « Avec les sachets de sauvetage pour fruits et légumes et les sachets de sauvetage pour produits de boulangerie, nous luttons contre le gaspillage alimentaire », explique M. Grassi.
Ces sachets de sauvetage contiennent des fruits et légumes d’une qualité irréprochable, dont l’aspect ne correspond pas ou plus à 100 % aux normes esthétiques. Lidl vend ces sachets au prix unique de 5 francs. Quant aux sachets de boulangerie, ils contiennent plusieurs pâtisseries sucrées et divers petits pains, vendus au prix d’un franc seulement. Lidl fait également don à des organisations caritatives des denrées alimentaires en parfait état qui ne peuvent plus être vendues le lendemain. Les matières organiques restantes sont transformées en chaleur et en électricité dans des installations de biogaz.
Financement climatique à effets multiples: AgroImpact
L’un des thèmes centraux de l’après-midi porte sur la production agricole. En effet, le secteur agroalimentaire n’est pas seulement l’un des principaux facteurs du changement climatique, l’agriculture est également fortement influencée par les changements climatiques. Les journées de canicule se multiplient, les étés sont plus secs et les fortes précipitations plus intenses. En tant que membre d’AgroImpact, Lidl Suisse aide les agriculteurs à s’adapter aux nouvelles conditions climatiques et à opérer la transition vers une production plus durable.
L’association AgroImpact regroupe des acteurs de l’ensemble de la chaîne de valeur dans le but de soutenir la transformation de l’agriculture suisse en faveur du climat.
Lidl Suisse soutient cette initiative dans le cadre d’un financement climatique ciblé à effets multiples et utilise pour cela un outil astucieux: « Il y a trois ans, nous avons fixé un prix interne du CO₂ », explique Grassi. « Plus les émissions de CO₂ de notre propre exploitation sont élevées, plus nous allouons de fonds de manière ciblée à des projets de protection du climat tels qu’AgroImpact. »
Cette mesure fait d’une pierre deux coups: elle crée une incitation financière directe à la réduction des émissions et soutient des projets pertinents au sein de sa propre chaîne de valeur.
L’exemple d’un producteur laitier jurassien illustre parfaitement comment AgroImpact combine l’expertise de différents acteurs issus des milieux scientifiques, commerciaux, politiques et agronomiques afin d’obtenir une réduction mesurable des émissions de CO₂. Ivanoé Koog, agronome à la Earthworm Foundation et représentant d’AgroImpact, explique lors de l’événement: « Dans un premier temps, l’éleveur laitier établit un bilan carbone et un plan d’action visant à optimiser ce bilan. »
Ce plan d’action repose sur des connaissances scientifiques, notamment sur la manière dont le pâturage et la fertilisation influent sur le stockage du CO₂ dans le sol. De son côté, Lidl s’engage, dans le cadre de la mise en œuvre de ce plan d’action, à deux choses: premièrement, acheter une certaine quantité de lait sur six ans, et deuxièmement, verser simultanément des contributions financières pour soutenir la transition écologique. Pour chaque tonne de CO₂ économisée grâce aux matières premières, Lidl Suisse utilise la plateforme AgroImpact, qui verse directement des primes climatiques aux agriculteurs. « La réduction des émissions ainsi que le stockage de CO₂ liés à la production laitière sont ainsi précisément enregistrés et certifiés », explique Koog.
Le résultat concret en chiffres: grâce à la mise en œuvre de ces mesures, le producteur laitier jurassien a généré 15 tonnes de CO₂ en moins par an au cours de ces six années et a en outre stocké 11 tonnes de CO₂ dans le sol. Ou, en termes de litre de lait: après six ans, la production de ce lait génère 15 % de CO₂ en moins. Le lait est ensuite transformé à la fromagerie Fromages Spielhofer en Tête de Moine, ce fromage très apprécié que les amateurs de cette spécialité suisse pourront à nouveau acheter chez Lidl – bouclant ainsi la boucle.
Une vision qui dépasse les frontières, depuis la Tête de Moine
L’exemple de la Tête de Moine permet d’évoquer d’autres mesures qui montrent comment une collaboration intersectorielle peut conduire à des réductions de CO₂, à plus de durabilité et aussi à l’innovation. Samuel Villiger, membre de la direction de Fromages Spielhofer, a lui aussi commencé sa présentation à Sévaz en mars sur une note réfléchie: « Le lait produit de manière industrielle intensive n’est pas vraiment écologique », a-t-il d’abord admis. Avant d’ajouter: « C’est pourquoi, en tant qu’entreprise, nous ne nous contentons pas de respecter le cahier des charges AOP, mais nous faisons également des efforts supplémentaires pour produire et transformer le lait de la manière la plus durable possible. »