L'intérêt stratégique se concrétise surtout lorsque la durabilité est ancrée dans l'ensemble de l'entreprise en tant que thème transversal. Cela nécessite une collaboration étroite au-delà des frontières des services et, parfois même, de l'entreprise. Les indicateurs de durabilité doivent être davantage intégrés dans les processus opérationnels clés. Ils influencent aussi bien la planification de scénarios que les décisions d’investissement. Ainsi, l’ESG passe d’une simple obligation de reporting à un outil de pilotage essentiel.
Projet pilote issu de la pratique
Un projet pilote mené par Swisscom en collaboration avec des carrossiers suisses illustre ce à quoi peuvent ressembler de telles approches. En collaboration avec Allianz Suisse, Amag, Akzo Nobel et Zurich Assurance, le groupe technologique accompagne ces entreprises sur la voie de la neutralité carbone. Au cœur de cette nouvelle solution se trouve une plateforme numérique qui aide les entreprises à recenser leurs émissions, à mettre en œuvre des mesures de réduction concrètes et à obtenir des subventions pour financer ces mesures. La durabilité devient ainsi partie intégrante de l’activité principale et n’est plus seulement une tâche de reporting.
Lors de l'élaboration du projet pilote, la priorité a été donnée à la simplicité d'utilisation de la plateforme. Les petites et moyennes entreprises, en particulier, disposent souvent de peu de temps et d'un accès limité aux données pertinentes. C'est pourquoi la plateforme se concentre sur les informations permettant de calculer une grande partie des émissions de CO₂. Le système est encore en phase de test. Son déploiement est prévu pour cette année. Des discussions avec d'autres secteurs sont également en cours. À long terme, la plateforme devrait être utilisée non seulement dans le secteur de la carrosserie et de la peinture, mais aussi dans d’autres domaines confrontés à des défis similaires.
Avec l’importance croissante des données de durabilité, le besoin en systèmes d’analyse intelligents augmente également. Aujourd’hui, les informations ESG doivent être collectées et évaluées au-delà des frontières des services, des systèmes et parfois même des entreprises.
C'est là que l'intelligence artificielle entre de plus en plus en jeu. Des chatbots basés sur des modèles linguistiques à grande échelle (LLM) ou ce que l'on appelle des « copilotes ESG » sont utilisés comme interface entre des structures de données complexes et les utilisateurs professionnels. Ils permettent de rechercher des informations en langage naturel, de générer automatiquement des rapports ou de mieux interpréter les exigences réglementaires. De plus, l’IA peut rédiger des projets de rapports, structurer les retours des parties prenantes ou détecter des incohérences entre les chiffres et les textes. Tandis que les systèmes analysent de grandes quantités de données, ce sont les humains qui prennent les décisions stratégiques. La gestion dite « Agentic ESG » va encore plus loin. Dans ce cadre, des agents IA prennent en charge, de manière partiellement autonome, des tâches de collecte, de validation et d’analyse des données. Ils peuvent collecter en continu des informations ESG provenant de systèmes internes, de chaînes d’approvisionnement, d’appareils IoT ou de sources publiques, et les traiter de manière standardisée.
Une véritable création de valeur
« En période d’incertitude politique et géostratégique, la résilience et la capacité d’adaptation comptent parmi les facteurs de réussite fondamentaux », explique le coauteur de l’étude, le Dr Carlo Velten, associé gérant et analyste principal chez Atlantic Ventures. « Les entreprises qui font évoluer leur gestion de la durabilité du simple reporting vers une véritable création de valeur, tout en tirant parti des opportunités offertes par l’Agentic-AI, peuvent gagner en compétitivité. Une gestion ESG basée sur l’IA et les données devient un levier permettant aux PDG et directeurs financiers performants de prendre des décisions rapides et anticipatives », ajoute M. Velten.
Même si les signaux politiques sont actuellement source d’incertitude, l’importance stratégique de la durabilité continue de croître au sein des entreprises. Ceux qui ne considèrent pas l’ESG comme une simple obligation de reporting, mais l’utilisent comme un outil de pilotage basé sur les données, peuvent en tirer un avantage concurrentiel évident. Les logiciels de durabilité deviennent ainsi un outil central – et le «Sustainability Software Radar 2026» un guide essentiel sur ce marché dynamique.
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